Les maladies qui tuent ont évolué en 30 ans

  • 22 décembre 2014
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L’espérance de vie mondiale s’est allongée de 6 ans depuis 1990 mais de nombreuses maladies continuent à gagner du terrain.

Les gens vivent plus longtemps, presque partout dans le monde. L’espérance de vie mondiale a progressé d’un peu plus de six années entre 1990 et 2013, passant de 65,3 ans à 71,5, constate une étude sur la «charge mondiale des maladies», publiée jeudi par la revue The Lancet. Les hommes vivraient en moyenne 5,8 ans de plus qu’il y a 23 ans, et les femmes, 6,6 ans.

Dans les pays riches, l’allongement de la durée de vie est principalement dû à la diminution des décès par cancers et maladies cardiovasculaires, notent les chercheurs. Concernant les pays pauvres, la progression s’explique surtout par le recul des décès chez les nouveaux-nés et les enfants.

Alzheimer en progression

«Les progrès réalisés face à un grand nombre de maladies et blessures sont bons et même remarquables, mais nous pouvons et devons faire encore mieux», estime l’auteur principal de l’étude, le Dr Christopher Murray, professeur à l’Université de Washington dans un communiqué. Car même si «l’énorme augmentation de l’action collective et le financement accordé aux grandes maladies infectieuses telles que la diarrhée, la rougeole, la tuberculose, le VIH et le paludisme ont eu un impact réel», comme le souligne le chercheur, certaines zones géographiques continuent de résister à l’allongement de la durée de vie, notamment les pays situés au sud du continent africain dans lesquels le virus du Sida reste le premier responsable des décès prématurés.

Les trois premières causes de mortalité mondiale demeurent inchangées depuis 1990 – infarctus du myocarde, accidents vasculaires-cérébraux et infections pulmonaires – mais l’étude met en lumière une large progression de certaines pathologies qui ont vu leur taux de décès augmenter: le cancer du foie (+125%), les troubles cardiaques (+100%), les maladies liées à l’usage de drogues (+63%), l’insuffisance rénale chronique (+37%) ou encore le diabète (+9%). «Ces maladies chroniques majeures ont été grandement négligées», souligne Christopher Murray.

Une autre réalité

Côté français, la courbe de la durée de vie suit la progression globale: on vit en moyenne 4,6 ans de plus qu’en 1990. Les femmes atteignent désormais l’âge de 85 ans en moyenne, et les hommes, 78 ans. Des résultats encourageants qui cachent cependant d’importants écarts: près d’un Français sur cinq meurt avant d’avoir atteint l’âge de 65 ans. Les principales causes restent les infarctus et accidents vasculaires cérébraux, mais l’étude révèle une nette avancée de la maladie d’Alzheimer, qui tuerait deux fois plus qu’il y a 23 ans, tout comme des cancers du poumon (+49%) et du diabète (+70%).

Si ce bilan met en avant l’allongement de la durée de vie des hommes, il ne rend pas compte de l’état de santé dans lequel ils terminent leurs jours. Or cet indice, appelé «espérance de vie en bonne santé», est de plus en plus suivi par les experts en santé publique. En avril 2012, une enquête française réalisée par l’institut national des études démographiques (INED) révélait ainsi que l’espérance de vie moyenne sans être affecté de maladies chroniques était en léger recul dans l’Hexagone (celle des hommes avait diminué de 62,7 à 61,9 ans entre 2008 et 2010 et celle des femmes était passée de 64,6 ans à 63,5). Aucune étude de ce genre n’a encore été réalisée au niveau mondial. L’homme vit plus vieux, mais vit-il mieux?

Par figaro iconJulie Carballo – Source : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/12/18/23178-maladies-qui-tuent-ont-evolue-30-ans